Musardise

 
  

 
 
 
 

Desmars et Chateaubriand en Bretagne


     

     

 

Saint-Just vu par J.Desmars

 De toutes les excursions qu'on peut faire aux environs de Redon, celle-ci est peut-être la plus intéressante. Le territoire de Saint-Just, couvert de monuments d'un âge primitif, traversé par de frais ruisseaux et de pittoresques vallées, accidenté par de hautes collines et de sauvages rochers, offre à tous les voyageurs qui le foulent, archéologues ou touristes, savants ou poètes, une mine inépuisable d'études fécondes et de ravissants souvenirs. À l'automne surtout, quand la lande, blanche jusque là sous les lichens, s'émaille de la fleur rouge des bruyères, et qu'au rayon d'un soleil couchant s'allongent les grandes ombres des pierres druidiques, les unes debout encore et immobiles, les autres tombées à leur rang comme des guerriers frappés dans la lutte, ou mollement couchées  dans les ajoncs comme des vieillards fatigués du poids de vingt siècles, alors même dans le coeur le plus froid, l'émotion se fait jour; des souvenirs d'un autre âge remplissent l'âme de pensées mélancoliques ; l'antiquaire oublie son livre, l'artiste son crayon, et, croyant voir passer près des menhirs élevés par elle les générations oubliées, Celtes, Gaëls, Kymris, guerriers avec la hache de pierre, brenns avec le collier d'ambre, druidesses avec leur faucille d'or, s'oublie dans la contemplation de ces débris étranges, de cette terre sacrée, champ de bataille ou nécropole. Il voudrait interroger les ruines muettes, apprendre de ces morts dans la tombe le secret de leurs berceaux, ou bien remonter d'âge en âge jusqu'à ces racines inconnues, suivre ces hommes errants dans leurs migrations obscures, les arrêter dans leur marche éternelle, leur demander d'où ils viennent, où ils vont, ce qu'ils sont, eux qui plus que nous peut-être vénéraient leurs ancêtres, eux qui croyaient au dieu unique, à l'âme immortelle, aux récompenses célestes, et qui, pleins de cette foi sublime, n'ont transmis à leurs fils, pour monuments de leur histoire, que des tombeaux où dorment leurs pères....

Redon et ses environs, guide du voyageur. J. Desmars, 1869

 

 

 

Le site mégalithique des Landes de Cojoux, à Saint-Just

Les alignements du moulin
Les Demoiselles de Cojoux
L'allée couverte  
de Treal
Le Chateau-Bû 
Le Four Sarrazin
La Croix Saint-Pierre
Le Tribunal
L'oppidum de l'étang du val

Plan des landes de Cojoux
La lande, la flore

Le bourg de St-Just

Saint-Just sur la carte de Bretagne


On tourne ici

Les hameaux et lieux-dits de Saint-Just


La gazette de Saint-Just, photos du bourg

 

 

La Bretagne vue par Chateaubriand

Cette longue  presqu'île d'un aspect sauvage, a quelque chose de singulier: dans ses étroites vallées, des rivières non navigables baignent des donjons en ruines, de vieilles abbayes, des huttes couvertes de chaume, ou des troupeaux vivent pêle-mêle avec des pâtres. Ces vallées sont séparées entre elles, ou par des forêts remplies de houx grands comme des chênes, ou par des bruyères semées de pierres druidiques autour desquelles plane l'oiseau marin et paissent des vaches maigres avec de petites brebis.
(...) Sur les bruyères et dans les vallées de la Bretagne, vous rencontrerez quelques laboureurs couverts de peaux de chèvre, les cheveux longs, épars et hérissés; ou vous voyez danser au pied d'une croix, au son d'une cornemuse, d'autres paysans portant l'habit gaulois, le sayon, la casaque bigarrée, de larges braies.

Analyse raisonnée de l'histoire de France, par François-René de Chateaubriand, 1827

***